Besançon : des attouchements sexuels non signalés dans une école

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Photo d'illustration © DR
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Une petite fille de 5 ans scolarisée à Besançon a subi, à plusieurs reprises, des attouchements sexuels de la part de l’un des garçons de sa classe. Les parents portent plainte contre la direction qui n’a pas jugé nécessaire des les avertir de la situation. Déscolarisée depuis la découverte des faits le 21 novembre dernier, la fillette attend de pouvoir retourner dans sa classe en toute sécurité. Mais à ce jour, aucune solution ne semble avoir été trouvée par l’établissement scolaire, qui tente de minimiser les événements.

Les faits remontent au 21 novembre dernier. Comme tous les soirs, Isabelle* va chercher sa petite Lucie* au périscolaire de l’école où elle est scolarisée en grande section de maternelle à Besançon et, comme tous les soirs, elle demande aux personnes présentes si la journée s’est bien passée. Rien à signaler. La maman rentre chez elle.

Dès son arrivée, Lucie monte directement dans sa chambre. Étonnée, Isabelle lui demande si tout va bien. La petite lui répond :  » Maman, il se passe des choses à l’école. Anthony* est amoureux de moi et me touche partout. » La petite lui montre les endroits touchés : fesses, bouche, seins et vulve.

Affolée, Isabelle court jusqu’au périscolaire où on l’accueille en disant : « Ah, vous venez pour ce qu’il s’est passé aujourd’hui ? La directrice va vous contacter car il s’est passé des choses graves. » Puis Isabelle rentre chez elle et sur les conseils de SOS médecins, emmène sa fille aux urgences pédiatriques, qui constatent immédiatement une vulvite (enflements et irritations habituellement dus à des mains sales).

Dès le lendemain, mercredi 22 novembre, la jeune maman cherche à joindre la directrice dont elle n’a toujours pas de nouvelles. Au téléphone, on lui répond « La directrice est aphone mais va vous rappeler ».

Des violences signalées à l’école depuis plus d’un an

Une semaine se passe. Aucune nouvelle de l’établissement scolaire. Il semblerait que la directrice fasse tout pour éviter la maman qui réussit toutefois à pénétrer dans l’école, en larmes et en furie. Elle demande des explications mais on lui répond : « Il n’y a pas que votre petite qui est touchée par le comportement de ce petit garçon. Mais la situation est compliquée. Anthony ne partira pas de l’école. » Effarée par ce qu’elle entend, Isabelle – qui a réussi à enregistrer la conversation – précise : « L’année dernière déjà, des parents s’étaient plaints de la violence de l’enfant. Une dame du périscolaire m’a également avoué que le petit l’avait étranglée avec son écharpe et qu’il l’avait insultée. Ce garçon a des troubles du comportement clairs et avérés. »

« On m’a pas dit de le dire »

Jeudi 30 novembre, un rendez-vous est enfin organisé en présence de la directrice, de la psychologue de l’école et de l’inspectrice de l’académie. La maman, fragilisée, se fait accompagnée par deux parents d’élèves et une amie proche qui la soutient dans ses démarches. Le papa de Lucie est également présent. La directrice explique sa version des faits : « Mardi dernier, j’ai quitté la classe de vue pendant cinq minutes pour aller chercher des documents. Quand je suis revenue, j’ai constaté qu’Anthony avait sa main sur les parties intimes de Lucie. » Réaction de la directrice : elle dispute Anthony et punit les deux enfants. Elle ne juge pas utile d’en parler à la maman le soir. « On m’a pas dit de le dire », se défend-t-elle.

On propose à la victime de changer de classe

Pendant la réunion, les solutions proposées par les trois représentants de l’école paraissent invraisemblables aux yeux des parents présents. « On nous a proposé de changer Lucie d’école ou de classe. Victime, elle serait doublement punie en quittant sa classe et ses amies ? », lance en colère l’amie d’Isabelle présente ce jour-là. « Nous avons évidemment refusé en indiquant que si quelqu’un devait changer de classe, Anthony devrait être le principal intéressé. En réponse, l’inspectrice nous lance, que la maîtresse de l’autre classe, ne veut plus le reprendre. »

Puis, l’école propose une AVS à 100% aux côtés d’Anthony, déjà suivi dans le passé à temps partiel. Mais à la question des parents : « Oui mais quand ? », contre toute attente, l’inspectrice lâche : « Avec tous les chômeurs qu’il y a en France, on va bien en trouver un rapidement ! »

Un bourreau également victime

Loin de vouloir montrer du doigt cet enfant en grande difficulté, les parents précisent : « Cette école n’est pas en mesure d’encadrer cet enfant difficile et « dangereux » pour toute la classe. Nous ne souhaitons pas le déscolariser mais il a besoin d’une structure plus adaptée à sa pathologie. Nous avons également appris que des petits garçons avaient monter un groupe pour se défendre contre Anthony. Nous ne voulons pas accabler ce petit, qui est, lui aussi victime d’un mauvais encadrement, mais pointons du doigt la faute professionnelle de la directrice, au courant de ses agissements depuis le début. Elle a voulu noyer le poisson. C’est une faute grave. D’ailleurs, deux jours après les faits, ni les parents d’Anthony, ni les services sociaux n’étaient au courant des faits. »

Toujours pas retournée à l’école

Depuis, Lucie n’est toujours pas retournée à la maternelle, même si l’établissement lui propose de s’y rendre uniquement les vendredis, jours d’absence d’Anthony. « Parfois, elle se met à pleurer sans raison apparente. Ce qu’il s’est passé dans cette classe, ne remonte pas seulement au 21 novembre. Depuis la rentrée, Lucie a des démangeaisons qui s’arrêtent pendant les vacances et reprennent dès la reprise de l’école. Elle ne disait rien car Anthony la menaçait. Si elle n’avait pas parlé, jamais on aurait su quoi que ce soit. C’est en cela que la situation est grave ! », précise l’amie de la famille.

Stupéfaction chez les autres familles

Le vendredi 31 novembre, les parents d’élève sont convoqués par l’école qui semble dépassée par les événements. Les familles découvrent les faits. La mère, effondrée et en larmes, explique, avec ses mots, ce qu’a vécu sa petite Lucie. « Il n’y a eu aucune excuse de la part de la directrice. Ni elle, ni la psychologue, ni l’inspectrice n’ont demandé de nouvelles de Lucie. Nous ne savons même pas si les parents du garçon en question sont au courant de la situation », précise les parents.

Dernièrement, une plainte a été déposée contre la directrice pour manquement à ses obligations. La petite Lucie a été entendue. Les dépositions des parents du garçonnet et celle de la directrice – en arrêt maladie selon nos informations – devraient avoir lieu dans les prochains jours. Les familles prévoient de lancer une pétition… Affaire à suivre !

C.D

* Par souci de confidentialité, tous les prénoms ont été modifiés.

1 COMMENTAIRE

  1. Bon courage dans cette affaire, ça va être difficile dans ce pays corrompu.
    Un des raisons aussi de ma fuite de ce pays est aussi en partie le système scolaire

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