Besançon : la pollution dans les choux !

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Planter des choux pour mesurer la pollution... De gauche à droite : Daniel Huot, Vice Président ATMO et Maire de Mamirolle, Carine Lefebvre, Technicienne ATMO chargée de la bio-surveillance et Cyril Devesa, Adjoint au maire de Besançon chargé de la santé. Crédit Y.Q
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En présentant le lundi 4 décembre, le plan de lutte contre les pollutions atmosphériques, Cyril DEVESA, Adjoint au maire chargé de la santé, élu EELV, a mis une couche supplémentaire au combat qu’il mène contre la voiture, source essentielle (selon lui) de la pollution à Besançon.
Une ville verte et propre

Les pics de pollution connus particulièrement en décembre 2016 ont incité la collectivité locale à mettre en place des moyens d’actions pour diminuer les polluants atmosphériques nuisibles à la santé : dioxyde de soufre, dioxyde d’azote, ozone et particules fines.
Besançon est plutôt bien placée dans les agglomérations françaises en matière de pollution. Ce bon résultat cache toutefois une des raisons essentielles : l’absence d’industries sur le périmètre du Grand Besançon. A titre de comparaison, l’aire urbaine Belfort-Héricourt-Montbéliard présente un bilan moins « propre » du fait de l’importance du tissu industriel dans le nord Franche-Comté. Cela démontre également que les sources de pollution n’ont pas exclusivement pour origine le pollution liée au transport.

Cyril Devesa lutte contre l’utilisation de la voiture, principale cause de pollution urbaine. Crédit Y.Q
Pic de pollution : un sommet à ne pas atteindre

Le pic de pollution correspond à une période durant laquelle la concentration des polluants cités plus haut est prévisiblement élevée. En été, c’est l’ozone avec un ensoleillement important et peu de courants aériens. L’hiver est plus propice aux dioxydes (de soufre ou d’azote) et les particules fines émis par les équipements de chauffage et par les véhicules.

La ville de Besançon axe principalement la prévention sur les moyens de locomotion en incitant les bisontins à délaisser la voiture au profit de la marche à pied ou l’usage du vélo (l’essentiel des déplacements urbains se font dans un rayon de 3 kilomètres), ou à privilégier les transports en commun et le co-voiturage.

Il reste que la capitale comtoise est bien en deçà des seuils autorisés obligeant des moyens plus radicaux en cas de pic de pollution. Un pic de pollution aux particules fines est par exemple déclenché par la préfecture lorsque le seuil de 50 mg/m3 est dépassé pendant 3 jours consécutifs ; ou de 40 mg/m3 pour le dioxyde d’azote.

Ceci n’est pas un chou : ATMO et la bio-surveillance

Daniel Huot, vice-président d’ATMO Bourgogne Franche-Comté et Carine Lefebvre, Technicienne de l’association ont mis l’accent sur le travail quotidien et permanent de l’association pour la surveillance de la qualité de l’air. Cette association est gérée par 4 collèges siégeant à son conseil d’administration : l’Etat, les collectivités locales, les industriels et le tissu associatif.

Cet organisme de surveillance de la qualité de l’air dispose de 4 sites de contrôle sur l’agglomération, relevant en temps réel les niveaux de pollution. En complément des appareils de mesure traditionnels, ATMO a mis en place la « bio-surveillance végétale » afin d’étudier la réaction de certains végétaux en présence de polluants dans l’air.

Les choux sont des bio-accumulateurs de premier choix. Ce sont aussi des végétaux qui poussent au début de l’hiver, période plus propice aux pollutions atmosphériques. C’est ainsi que Besançon va pouvoir prélever dans les prochains jours une trentaine de choux plantés en octobre dans des zones aussi variées que l’esplanade de la mairie ou la forêt de Chailluz.

Les analyses sont effectuées par comparaison à un « chou-test » cultivé sous serre au jardin municipal. C’est ainsi qu’un taux élevé de plomb a été constaté dans les feuilles prélevées dans la zone verte de Chailluz, sans que cela ait un lien avec la proximité de l’autoroute A36.

La lutte contre la pollution : c’est l’affaire de chacun

Si l’agglomération dispose d’un certain nombre de leviers pour atténuer les pics de pollution lorsqu’ils se produisent, chaque bisontin doit également prendre sa part dans la lutte contre une pollution facteur de nombreux problèmes de santé :

  • utiliser les modes alternatifs à la voiture bien sûr mais c’est un vœu pieux dans une agglomération ne disposant pas de transports en commun partout et à toutes heures comme dans les grandes métropoles.
  • Diminuer si possible l’intensité du chauffage dans les maisons et appartements.
  • Mieux isoler les habitations (encore faut-il être accessible aux aides de l’Etat à ce titre, ce qui n’est pas le cas des appartements anciens par exemple)

Enfin, si l’on peut agir sur nos comportements, on ne peut pas encore agir sur le climat. En hiver, il fait froid et en été il fait chaud… comme aurait dit Monsieur de la Palice !

Y.Q

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