Besançon vit au tempo de l’électro

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ZEROLEX
Besançon n'a pas échappé à l'explosion de la scène électro et regorge de nombreux artistes en devenir © E+N
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Depuis sa création dans les années 50, la musique électro n’a cessé d’évoluer, mais surtout d’innover. Atout majeur de nombreuses soirées, on l’entend résonner sur tous les continents, faisant ainsi bouger le monde entier. David Guetta, Daft Punk, Petit Biscuit… Ces artistes français ont su imposer leur style, affirmant la « French-touch » sur la scène internationale. Besançon, n’a pas échappé à cet emballement. Festivals, bars, salles de concerts et jeunes producteurs, la ville ne manque ni de lieux ni d’acteurs pour participer à la « vibe » électro.

Techno, House, New Wave, Dumb&Bass… La liste est longue. Doux, relaxant, intense, transcendant, chacun y trouve son compte. Les scènes bisontines l’ont compris, puisque chaque weekend, la nuit vit au battement de ces sons synthétisés, les boîtes à rythmes rythmant les déhanchés du samedi soir.

De l’électro pour tout les goûts

« Les Passagers du Zinc » propose de nombreuses soirées électro, tout comme Le Scénacle. L’Antonnoir, habituellement branché rock, n’hésite pas non plus à inviter des djs pour enflammer son dancefloor (à noter entre autre, la date du 27 janvier proposant une session avec DJ ZEFF). La Rodia ouvre ses portes aux producteurs de musique électronique, qu’ils soient débutants, ou à forte notoriété, comme Feder, qui assurera un set le 19 avril 2018 (mondialement connu pour son titre Goodbye). Du 7 au 10 février, son festival « Génériq! », propose également une belle affiche dans le domaine.

Quant au festival Circasismic, qui a depuis, gagné sa place sur le territoire bisontin, il n’hésite pas à mêler techno, cirque et art, attirant de nombreux accros de l’électro. L’édition 2018 se déroulera du 3 au 5 mai. Un projet qui a vu le jour il y a 4 ans, grâce à la participation de l’association Citron Vert, bras droit des « nouveaux » producteurs et « nouveaux » djs.

Enfin, véritable partenaire des artistes en émergence, le Bastion propose aujourd’hui une formation M.A.O (musique assistée par ordinateur) afin de répondre à une demande récurrente des musiciens : comment maîtriser un logiciel de production et d’arrangement musical pointu, afin de pouvoir proposer des maquettes « home-made » de qualité. Un vrai plus, qui fait la particularité de la cité bisontine, très bien placée depuis la nuit des temps dans le secteur des musiques émergentes.

Trois producteurs bisontins, trois atmosphères différentes

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Parallèlement au projet Cotton Claw dont il est l’un des beatmakers, Zerolex continue de se produire en solo © François Michelet

Jérémy, 24 ans, a sauté le pas en 2011, en lançant son projet solo Zerolex. Amoureux des vinyles et adepte de la « black music » des années 70, il découvre la musique électronique grâce à des artistes locaux, notamment le groupe Cotton Claw, dont il fait partie. Zerolex, cherche à faire ressentir une émotion différente à chaque morceau. Il y a derrière ça, une volonté de créer de la nostalgie auprès de son public, où l’on se retourne le temps d’un instant, rapidement sur son histoire, son passé: Il faut « que l’ambiance du morceau suscite en eux des images, des souvenirs peut-être, que ça les emmène dans une sorte d’introspection finalement ».

Le bisontin, se détache de son label, rentrant ainsi dans « une démarche d’autonomie et d’indépendance totale ». Zerolex tient à s’entourer de quelques personnes, comme Lucie Rimey Meille, pour la promotion et « La Cellule », pour le booking: « J’ai décidé de ne travailler qu’avec des proches et des musiciens dont je défends les projets. Je crois que c’est l’essentiel : s’entourer de gens de confiance qu’on apprécie. » Et selon Zerolex, la meilleure façon de travailler, c’est « En jogging. Genre tenue du dimanche mais toute la
semaine, c’est super confortable ». Blague à part, le producteur a simplement besoin d’un synthétiseur, de deux machines et d’un ordinateur pour réaliser et donner vie à sa musique.

Le nom Zerolex est donc aujourd’hui bien connu des scènes comtoises, comptant sur un public varié et fidèle. Ses titres M.I.LD et Super Perfundo ont résonné plus d’une fois dans les murs de la cité. En plein « revival » de l’électro (et avec une notoriété en perpétuelle évolution), Zerolex s’apprête à sortir son nouvel EP le 16 mars, avec deux featurings au compteur (un avec Holy Two et l’autre avec Felp). Il sera disponible sur les plateformes d’écoute en streaming mais aussi sous une édition limitée en version vinyle de 100 exemplaires pour les plus rapides !

EFFERVESCENCE besancon
A 18 ans, Martin Burger s’est déjà fait un nom sur la scène électro, © Marc Henriot

Martin Burger, 18 ans, producteur de trap et de dubstep, fait ses débuts avec un autre producteur, Oolong, sous le nom Effervescence. À la dissolution du groupe, Martin garde ce nom pour sa carrière solo. Également guitariste, la musique est une évidence pour lui. Son univers est un métissage de métal et de plusieurs styles d’électro à la fois lents et lourds, qu’il définit de « sombre », « puissant » et « rythmé ». L’atmosphère qu’il produit donne une énergie euphorisante, surtout en live. Si sa musique n’est pas là pour envoyer des messages précis, elle est là pour faire ressentir au public des sensations, où le corps entier vibre sous la puissance des décibels.

On retrouvera bientôt Effervescence sur scène pour quelques dates confirmées, mais pas encore annoncées ! Alors, suspense, et pour reprendre ses propos… « affaire à suivre » !

SILBA ET FROST FOX
Pour Silba, l’électro est une véritable échappatoire pour les jeunes © DR

Pour terminer, Basile Lacroix-Boettcher, essaye de trouver sa place sur la scène électro sous le nom de « Silba ». Il commence son cursus musical avec la batterie et le poursuit avec la MAO. Des groupes comme « Rammstein » l’ont inspirés mais son goût pour la musique électronique commence avec l’écoute d’un des piliers du genre, Skrillex.

Silba, invente son propre style, nommé « bipolar style », un mélange de genre et d’influences lui permettant de créer de nouvelles sonorités dans chaque morceau. Passionné, Silba compte réaliser un album réunissant tous les styles dont il est fan (comme la dubstep et la techno). Son objectif est de trouver un manager afin de concrétiser ses projets, dont, une mixtape « grand public » réalisée en duo avec le rappeur Froz Fox. D’ailleurs, les Arcades vont accueillir Silba et son acolyte pour un live le 27 janvier et d’autres dates technos (au Tandem) sont à prévoir également.

« On peut sortir un disque en l’enregistrant et le composant dans sa chambre »

Pour ces férus de sons synthétisés, l’électro a gagné sa place pour diverses raisons. Pour Effervescence, « c’est peut-être parce que tout le monde peut y trouver son bonheur que ça marche si bien ». Zerolex, lui, pense que l’augmentation du nombre de producteurs vient d’Internet : « Aujourd’hui, on peut sortir un disque en composant et en enregistrant dans sa chambre ». Et pour Silba, le goût des jeunes pour l’électro vient du fait que la plupart d’entre eux, ont besoin d’une échappatoire, évacuant ainsi les diverses émotions
ressenties durant cet « âge d’expérimentation ». Selon lui, « les basses répétitives ont un effet relaxant, qui nous met en transe, quelle que soit l’émotion de la musique, tant que l’on peut bouger dessus, c’est toujours bon pour extérioriser toute sorte de colère ».

Que ce soit pour danser, oublier, décompresser, s’amuser ou s’évader, l’électro offre une palette de choix tellement large qu’il faudrait plus d’une vie pour tout expérimenter. Véritable jardin d’Eden, il y en a pour tous les goûts. Pour tous les passionnés d’électro désireux de produire leur propre musique, Zerolex conseille de « ne pas avoir peur d’aller à la rencontre des gens, de prendre des risques » tout en étant « curieux et passionné ». Alors, à vos studios… Prêts… Mixez !

Lucie Rubagotti

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