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Fort de cinq concessions Ford en Bourgogne Franche-Comté et dans l’Ain, le Groupe Grenard compte parmi les acteurs locaux les plus dynamiques de la vente automobile. A sa tête, une femme, Sylvie Dalloz, qui a choisi de jouer la carte de la mixité dans un univers qu’elle ne souhaite plus réservé aux hommes.

Chloé, Emilie, Sylvie… Trois femmes déterminées qui se sont imposées dans des métiers souvent exercés par leurs congénères masculins. L’une est mécanicienne à Pontarlier, l’autre, chef des ventes en charge du marketing du Groupe automobile Grenard et la dernière dirige le tout d’une main de fer dans un gant de velours. Rencontre avec trois passionnées au parcours atypique.

« Les mains sales ne me dérangent pas »

Chloé Maillot, jeune et jolie apprentie en 1ère année de BTS mécanique s’est rapidement fait remarquée par sa détermination mais surtout grâce à un excellent bulletin scolaire… Des atouts décisifs qui ont décidé ses employeurs à franchir le pas : elle sera la toute première femme mécanicienne du groupe Grenard. « J’ai contacté plusieurs concessions sur Pontarlier, sans succès. Certaines n’avaient pas de places disponibles. D’autres étaient réticentes à l’idée de recruter une femme. Seul Ford m’a fait confiance. Ils m’ont donné la possibilité de poursuivre mes études. Le chef d’atelier était très favorable à mon embauche et espérait bien apporter un peu de féminité dans ses équipes », raconte la jeune femme.

Chloe maillot ford mecanicienne
Chloé Maillot, 18 ans, évolue avec aisance parmi ses collègues masculins. DR

La mécanique, Chloé est tombée dedans depuis toute petite. Subjuguée par un papa qui passait son temps à réparer les voitures en panne, elle met rapidement la main à la pâte. « Les mains sales ne me dérangeaient pas. La mécanique auto m’a tout de suite passionnée », se rappelle-t-elle. Au collège, elle décide de faire son stage de 3ème en mécanique, histoire de se conforter dans son choix. Au bout d’une semaine, elle en est sûre : elle sera mécanicienne auto : « Je ne me voyais pas derrière un bureau car je suis définitivement une manuelle. Cet univers masculin ne me dérangeait pas, j’ai passé mon enfance avec des garçons », ajoute celle, qui a 18 ans à peine, sait déjà parfaitement ce qu’elle veut : diriger une équipe. Pour cela, elle compte bien suivre une qualification, une fois son BTS en poche.

Des difficultés, Chloé n’en connait pas vraiment. A part soulever une boîte de vitesse, et encore : « C’est un peu lourd pour moi, même si j’ai plus de forces qu’avant. Mais je fais du bois avec mon père et je pratique le Yoseikan Budo, un sport de combat. Cela m’aide beaucoup », assure Chloé, fière d’avouer que ses collègues masculins font souvent appel à ses petites mains pour passer dans des endroits difficiles et étroits.

Passionnée, Chloé l’est assurément : « C’est agréable car chaque matin, je me lève avec le sourire. Je suis contente d’aller travailler et même si c’est un métier d’homme, c’est un monde plus doux et bien plus gentil que celui des femmes. Je conseille de tenter l’expérience car on passe vraiment de bons moments. »

Un œil féminin dans un monde d’hommes

Difficile de résumer le long et passionnant parcours d’Emilie Mantion-Philippe. Celle qui a conditionné sa vie professionnelle en fonction de son mari, s’en est plutôt pas mal sorti. Avec un esprit commercial plutôt affûté, la bisontine se dirige pourtant vers des études de droit qu’elle tente de concilier avec sa passion pour la gastronomie, les vins… Des valeurs transmises par un grand-père propriétaire de vignes à Arbois. C’est donc avec un DESS droit, gestion et commerce des spiritueux en poche, que la belle part travailler à Londres au département « vins et spiritueux » du groupe Péchiney. Pour se rapprocher de son mari, elle devient un an et demi plus tard, directrice adjointe du réseau boutiques françaises du groupe Mont-Blanc à Paris. Quatre ans plus tard, c’est dans la finance qu’Emilie se dirige et devient responsable back-office dans une banque privée. Volontaire, travailleuse, déterminée, elle suit une formation HEC en cours du soir, lui permettant d’évoluer en tant que responsable du développement commercial.

Emilie MAntion philippe ford groupe grenard
Travailler dans l’automobile était un nouveau défi pour Emilie Mantion – C.D

En 2007, elle suit son mari au Cambodge. Le temps de s’installer, elle intègre un poste de « Country Development manager » chez Adidas : « J’ai implanté la marque dans le pays avec l’ouverture de deux points de vente », précise-t-elle. En 2012, la famille décide de revenir sur Besançon. Après diverses expériences professionnelles, elle rejoint le groupe Grenard en 2016. « L’univers automobile était totalement nouveau pour moi. Alors que j’avais une proposition de poste équivalent dans un secteur qui correspondait plus à mon domaine de prédilection, j’ai choisi de suivre Sylvie Dalloz, PDG du groupe, dans l’aventure. Le côté familial, les valeurs et la culture d’entreprise m’ont tout de suite plu. C’est un pari que je me suis lancée », explique Emilie Mantion-Philippe.

Sa toute première mission : réaliser un travail d’audit dans le groupe, observer, comprendre pour, à terme, émettre des propositions d’évolutions : « Avoir un oeil féminin dans un monde d’hommes, c’est ce qui plaisait à Sylvie Dalloz. Elle a une vision innovante et humaine du travail, des compétences, de la gestion des Hommes. Une vision transversale des profils qui lui permet de savoir ce qu’elle peut tirer de mieux chez chacun. Elle est à l’écoute. il y a de vrais échanges entre nous. Nous nous sommes mutuellement choisies », avoue celle qui dit « se sentir bien dans son entreprise ».

Difficile d’intégrer un monde à 99,99 % masculin ? « Pas trop », sourit-elle. « J’étais là pour faire le lien entre toutes les entités. Et même si parfois, j’appuyais là où ça fait mal, cela s’est plutôt bien passé. On travaille de manière soudée sur des projets communs. Hommes ou femmes, nous sommes tous unis par cette même volonté de faire fonctionner l’ensemble, à l’échelle du groupe. »

« Je serais incapable de changer de métier »

Cette ouverture d’esprit, c’est Sylvie Dalloz qui l’insuffle à ses équipes. Aujourd’hui PDG du Groupe Grenard, cette femme de caractère a mis le pied à l’étrier, un peu par hasard, au départ, pour seconder son père suite à un ennui de santé : « J’étais devenue ses yeux qu’il avait perdu. Je le conduisais partout. Ainsi, j’assistais aux réunions, je rencontrais du monde et petit à petit je découvrais un univers qui m’était inconnu », raconte-t-elle.

C’est en 1961 que Jean Grenard ouvre sa première concession Ford à Saint-Claude. Il développe le groupe, tout d’abord dans le Jura, puis reprend la concession de Besançon en 1976. Le parcours de Sylvie est donc lié à celui de son père. Une situation qui ne lui facilite pas la tâche : « La difficulté n’était pas d’évoluer au sein d’un univers masculin, mais plutôt d’être la fille du patron. Du coup, je me suis forgée un caractère. J’ai beaucoup appris dans tous les domaines, en travaillant sur tous les postes, excepté la mécanique. Si c’était à refaire je le referais », avoue-t-elle.

Pour prendre du recul, elle part aux USA faire un stage dans une concession automobile multimarques. Elle gravite dans tous les services et acquiert une vision globale du métier. A son retour en France, elle réintègre l’entreprise familiale, qu’elle ne quittera plus jamais, jusqu’à devenir elle-même concessionnaire en 1996.

Sylvie Dalloz ford groupe grenard
Sylvie Dalloz est entrée en 1985 dans la concession de son père en tant qu’auditeur. C.D

Au fil des années, elle développe le groupe qui compte désormais cinq concessions : Saint-Claude, Oyonnax, Besançon, Lons-le-Saunier et Pontarlier. Elle est, en 2018, la seule femme concessionnaire Ford en France. Une exception qui démontre que dans le secteur, question mixité, le chemin est encore long. « C’est un monde qui convient tout à fait aux femmes. Malheureusement, même si je suis moi-même une femme, je ne reçois que trop peu de CV féminins. C’est bien dommage car, commercialement, elles sont souvent très douées grâce à une approche beaucoup plus sensible que les hommes… C’est d’ailleurs pour cette raison qu’elles s’intègrent difficilement, car leurs collègues masculins, par jalousie, leur savonnent la planche », plaisante Sylvie Dalloz.

Et diriger au féminin une équipe masculine ? À force de nous interroger sur le rapport des femmes au pouvoir dans l’entreprise, il semblerait que nous ayons fini par oublier que cette question se pose également pour les hommes. Oublions les stéréotypes, femmes ou hommes, manager est, pour Sylvie Dalloz, davantage une question de caractère : « Peu importe le sexe, il faut se bagarrer. On ne réussit pas sans l’aide de sa famille et de son personnel. Mes équipes ont toujours été là pour me suivre et croire en moi. Etre une femme ne m’a jamais handicapée, bien au contraire », défend-elle. Avancer coûte que coûte, d’autant que le secteur automobile est aujourd’hui en pleine mutation. « Il faut toujours être en mouvement sinon on meurt. Les prochaines années vont être passionnantes mais compliquées avec de nombreux changements, des concessions qui se regroupent, des évolutions technologiques… Je ne sais pas ce que cela donnera dans 5 ou 10 ans, mais tant que j’ai des équipes enrichissantes qui me suivent, je continuerai d’avancer et d’exercer ce métier… et de toute façon, je suis incapable d’en changer ! »

Quant à l’avenir des femmes dans l’automobile, il semblerait qu’avec les années, elles aient toute leur place : « Le métier offre de plus en plus de perspectives très motivantes pour les femmes, même à l’atelier car on travaille désormais avec de la haute technicité. L’électronique prend une part croissante », explique Sylvie Dalloz qui accueille dans quelque temps, sa première chargée de clientèle service : « C’est une grande première car ce poste est assez technique. Elle s’occupera de l’accueil clients à l’après-vente et du diagnostique. Preuve en est que les mentalités commencent à évoluer ! »

Est-Auto Ford à Besançon est la seule concession régionale à vendre des Ford Mustang. Est-Auto - 6 rue Paul Eluard - ZAC Chateaufarine - 25000 Besançon - Tél. : 03 81 47 78 78

 

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