La question, c’est la questure

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Crédit photo : DR
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Le billet d’humeur… par Y.Q

Les couloirs de l’Assemblée Nationale bruissent de la douce musique des billets de 500 €.
Pendant que les novices s’installent dans leurs nouveaux bureaux, les vieux briscards de la politique (certains sont encore jeunes d’ailleurs) se partagent « les sous » de la République !
« Ma cassette, ma cassette » s’inquiétait Don Salluste dans la Folie de Grandeurs…

Quelle belle invention que les assistants parlementaires ! Hormis les amis ou la famille, rémunérés à bon compte sur le budget des contribuables, il existe de vrais attachés parlementaires… Si, si !
Souvent issus de Sciences-Po Paris (en province, le pékin lambda n’a bien entendu pas les compétences), ils sont souvent employés à temps partagé entre plusieurs parlementaires, ce qui réduit d’autant l’utilisation de l’enveloppe de 9 618 € /mois qui leur est allouée. Pour le député employeur, la somme est nette de charges patronales, celles-ci étant payées par l’Assemblée.
Comme l’enveloppe est allouée quelle que soit son usage, les sommes non dépensées vont dans la cassette de chaque groupe parlementaire qui dispose ainsi d’un petit pactole pour rémunérer les salariés du groupe (des attachés parlementaires détachés… )

Si la plèbe de l’Assemblée se contente de 5 800 € nets d’argent de poche auquel s’ajoutent la gratuité des transports aériens, ferroviaires et des frais de taxis, le financement du matériel informatique, la prise en charge des communications téléphoniques à raison de 5 forfaits de portable pour un montant de 4 200 € par an, sans oublier la fameuse IRFM (Indemnité Représentative de Frais de Mandat) de 5 372 € nets pour payer les apéros aux copains en circonscription et les bouquets de fleurs pour les centenaires en maison de retraite… la crème du panier se partage les présidences de commission, les postes de rapporteurs, de vice-présidence… Allez on ajoute 1 000 €/mois !

Mais là où les « maquignons » se bousculent, c’est à la questure.
Le terme et la fonction de questeur datent du sénatus-consulte du 28 frimaire an XII (1803). Chargés d’administrer les services administratifs et financiers de l’Assemblée Nationale (en toute transparence ?), les trois questeurs perçoivent une indemnité complémentaire de 5 003 €/mois, d’un appartement de fonction de 400m² et du personnel attaché au questeur (chauffeur, cuisinier et personnel administratif).
Si l’on ajoute l’IRFM, le questeur dispose d’une enveloppe mensuelle de 18 000 € brut, la vraie raison des guerres picrocholines qui émaillent l’Assemblée Nationale pendant une mandature.

Alors oui, la vraie question, c’est la questure. Les questeurs gérant les quelques 600 millions d’euros de fonctionnement de l’Assemblée, il est aisé de comprendre que leur pouvoir est immense tant vis-à-vis des députés qu’à l’égard du personnel de l’Assemblée qui ne souhaitent pas réduire les multiples et divers avantages financiers ou en nature qu’ils perçoivent !

A l’aube de cette nouvelle mandature, le changement des méthodes tant attendu sera reporté aux calendes grecques.

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