Question de points de vue : introduire l’enseignement « spirituel » à l’école ?

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Alain Bentolila, linguiste et professeur à l’université Paris-Descartes, a fait de la lutte contre l’illettrisme son cheval de bataille.
Dans son dernier livre sorti le 23 février 2017 et intitulé  » l’Ecole contre la barbarie », il revendique, non pas des cours de religion, mais l’introduction d’un enseignement « spirituel » à l’école, contre la radicalisation religieuse et les dérives sectaires.
Pour le linguiste, l’école doit être « celle qui apprend la compréhension des textes, face à ceux qui jouent sur l’incompréhension pour diviser, enfermer dans l’incantation, voire la haine ».
Pensez-vous que l’étude de textes sacrés à l’école, doit être intégrée aux programmes d’enseignement ?

Francisque B-C, chef d’entreprise – Paris

« L’école sert forcément à apprendre. Donc tout texte peut servir l’individu, notamment, au départ de sa vie, pour lui donner un sens. Il me semble également bon qu’un enfant ait une idée générale de la spiritualité. On peut lui parler comme à un adulte et aujourd’hui, l’histoire démontre qu’ils ont besoin d’explications. L’évolution va à une vitesse incroyable au 21ème siècle. Les enfants doivent en prendre conscience et le plus vite possible, pour de les prévenir des dangers du fanatisme sous toutes ses formes. »

H C, cadre – Besançon

« La bonne compréhension du français est la base pour « aborder » les textes religieux. 
Un cours sur les toutes les religions peut être fait au lycée afin de confronter l’actualité sur des connaissances acquises par un enseignement neutre. »

Gaëlle, cadre – Morteau

« Si des textes sacrés sont étudiés à l’école, ils doivent provenir de toutes les religions et de différents « univers » spirituels. L’ado ou le jeune adulte pourrait ainsi avoir une approche pour comprendre ces religions/spiritualités et ainsi avoir une plus grande ouverture d’esprit. Je pense que la compréhension et l’éducation dans ce domaine sont primordiales. »

LL, collaborateur d’élu – Luxeuil

« La laïcité, pilier de notre république démocratique, n’est pas, contrairement à l’idée fausse la plus répandue, le refus ou le rejet des religions. 
Au contraire, elle accepte et protège même leur pratique.
Toutefois, elle encadre leur exercice dans la sphère publique pour permettre une coexistence aussi pacifique que possible, dès lors que chacun s’accorde à reconnaître que l’être humain est malheureusement imparfait.
Donc je suis favorable à la lecture à l’école de textes sacrés de différentes religions. »

Christophe X B, artiste – Besançon

« Je pense que l’école n’a pas à s’occuper de religion, ni de textes  » sacrés « . Mais expliquer l’apparition et le développement de ces religions ça fait partie de l’histoire. On devrait plutôt créer une matière sur la place réelle de l’Homme dans son éco système (préservation de la nature faune et flore) respect des différences, développer le sens critique de l’individu, etc . Qui à mon sens serait plus bénéfique. »

André A, retraité – Baume-les-Dames

« Non je ne crois pas qu’il faille introduire un enseignement religieux à l’école car les professeurs, inconsciemment ou pas, ne seront pas objectifs, selon leurs croyances personnelles. C’est la même chose pour la politique. Sans le vouloir, les enseignants influencent les élèves. Ma petite-fille me parle aujourd’hui du FN comme si c’était le diable en personne, depuis que sa professeure leur en a parlé en classe. »

Isabelle M, professeure agrégée – Belfort

« On ne parle pas ici de Religion mais de Dieu. L’existence de Dieu est une question que tout le monde se pose (parfois inconsciemment) et qui a été récupérée par toutes les religions. L’homme a besoin de spiritualité, que cela soit au travers d’une religion, ou d’une pratique telle que le Yoga, la musique, etc… Comprendre des textes qui font partie des cultures et de l’histoire du monde, me semble vital et force les enfants à débattre et réfléchir par eux-mêmes.
Et pourquoi la philosophie est-elle enseignée à l’école, alors qu’elle part de textes tout à fait subjectifs, écrits par quelques personnes, certes reconnues, alors que l’étude de textes sacrés (car on parle bien ici d’étude de textes sacrés et par d’enseignement religieux), ne serait-elle pas intégrée aux programmes scolaires ? »

Mariama, étudiante – Besançon

« Pour lutter contre la radicalisation ce qu’il faut c’est développer le sens critique et la logique des gens. Leur faire comprendre que l’amour et le respect pour leur prochain ne leur sont pas demandés de façon arbitraire par une entité toute puissante mais une simple nécessité pour que chacun puisse vivre libre et heureux dans la société. Tout ce qu’on a besoin de savoir c’est : 1/ La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres. 2/ Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas qu’on te fasse. 3/ Ces deux principes ne sont pas des règles arbitraires imposées par un être que personne n’a jamais vu mais tout simplement des nécessités pour son propre bonheur et celui des autres. »

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