Rayons ultraviolets en hiver : une menace permanente pour la peau
Contrairement à une croyance largement répandue, les rayons ultraviolets (UV) continuent d’impacter notre peau, même lorsque l’hiver s’installe. L’association des dermatologues de Franche-Comté (Asfoder), en partenariat avec “À fleur de peau” et le CHU Minjoz de Besançon, rappelle que cette menace n’est pas saisonnière, mais bien permanente, et que l’exposition aux UV en hiver est loin d’être anodine.
En hiver, le soleil semble moins fort, la lumière moins éclatante, et l’on est souvent habillé chaudement. Cela donne à tort l’impression d’être protégé automatiquement. Pourtant, les UVA, une catégorie de rayons ultraviolets particulièrement insidieuse, sont présents toute la journée, du lever au coucher du soleil, et ce peu importe que le ciel soit dégagé ou couvert. Ils traversent également le verre des fenêtres, exposant ainsi la peau en intérieur, une donnée surprenante souvent ignorée.
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Les UVB, connus pour provoquer les coups de soleil, sont quant à eux moins intenses en hiver mais leur niveau peut augmenter avec l’altitude. Cela signifie que lors d’activités en montagne, ils peuvent se révéler particulièrement agressifs.
Les scientifiques et dermatologues insistent sur le fait que les rayons UV ne sont ni « gentils », ni inoffensifs selon la saison. Ainsi, nos pratiques et habitudes doivent intégrer la protection solaire tout au long de l’année. L’association des dermatologues propose d’ailleurs des recommandations spécifiquement adaptées aux périodes hivernales.
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Un exemple frappant est le cas des sports d’hiver comme le ski ou la randonnée en montagne. Même si la sensation de froid est forte, la réflexion des rayons UV sur la neige amplifie significativement l’exposition, doublant voire triplant l’effet des rayons, ce qui expose davantage les peaux et les yeux à des dommages graves et cumulatifs.
Pour approfondir cette thématique et comprendre pourquoi il est important d’adopter une protection solaire en hiver, il est essentiel de rappeler que les effets négatifs des UV s’accumulent au fil du temps, provoquant un vieillissement prématuré de la peau et augmentant le risque de cancers cutanés. Pourtant, dans une étude menée par l’American Academy of Dermatology, près d’un adulte sur cinq ignorait en 2025 qu’il était possible de se brûler en hiver, et seulement un sur dix utilisait une protection lors d’activités à l’extérieur sous le froid.

Les dangers insidieux des rayons UV sur la santé de la peau en hiver
L’exposition aux rayons ultraviolets en hiver peut sembler anecdotique, mais elle présente des risques cutanés graves à court et long terme. Ces risques sont étroitement liés à l’absorption des rayonnements par les cellules de la peau et la cornée de l’œil.
Les UV peuvent en effet provoquer des dommages cellulaires irréversibles tels que des brûlures, un vieillissement accéléré de la peau avec l’apparition prématurée de rides profondes, ainsi que des troubles pigmentaires. Ces altérations sont cumulatives et contribuent à augmenter le risque de cancers cutanés, notamment les mélanomes et les carcinomes, agressifs et parfois mortels. Les cancers de la peau sont aujourd’hui majoritairement liés à une exposition excessive aux UV, particulièrement lors des expositions intenses et répétées durant l’enfance.
Les rayons UVA, qui pénètrent plus profondément dans la peau que les UVB, jouent un rôle essentiel dans le déclenchement de ces maladies, car ils induisent des mutations de l’ADN des cellules. Or, ces UVA persistent même en hiver, qu’il fasse froid ou qu’il y ait un voile nuageux.
Les ultraviolets ne touchent pas uniquement la peau. L’œil est particulièrement vulnérable, en particulier l’uvée, une couche intermédiaire de l’œil. Une exposition prolongée et non protégée peut augmenter le risque de mélanome de l’uvée, une pathologie oculaire grave qui nécessite une vigilance accrue.
De plus, la montagne accentue les risques liés aux UV. L’altitude augmente la puissance des rayonnements, car l’atmosphère y est moins dense, permettant à un plus grand nombre d’UV d’atteindre les tissus. La neige et la glace jouent aussi un rôle multiplicateur en réfléchissant jusqu’à 80 % des rayons solaires, exposant ainsi toutes les parties découvertes de la peau à une dose amplifiée.
Ces éléments contribuent à exposer les professionnels travaillant à l’extérieur, comme les agriculteurs, paysagistes, ou tous ceux qui œuvrent en plein air, à des dangers quotidiens souvent sous-estimés. L’Asfoder met ainsi l’accent sur la nécessité d’une vigilance constante et de mesures préventives ciblées, même lorsque la météo hivernale semble protéger.
En savoir plus sur les risques sanitaires associés aux rayonnements ultraviolets.
Campagne de prévention solaire hivernale en Franche-Comté : les recommandations des dermatologues
Face à ce constat alarmant, l’Asfoder a lancé en ce début 2026 une campagne de prévention solaire dédiée à l’hiver. Cette initiative, soutenue par “À fleur de peau” et le CHU Minjoz, vise à sensibiliser l’ensemble de la population aux risques liés aux UV durant la période froide et à promouvoir l’adoption d’habitudes protectrices adaptées.
Le cœur de cette campagne cible les sportifs et loisirs d’hiver, mais aussi les professionnels exposés toute l’année en extérieur. Les sportifs, souvent concentrés sur leurs performances, négligent parfois la protection de la peau, alors que la réverbération sur les pistes et sentiers augmente dangereusement l’exposition aux rayons UV.
Pour se prémunir efficacement, voici les principales recommandations mises en avant :
- Porter des vêtements couvrants : bonnet, gants et écharpe protègent du froid mais aussi des agressions solaires.
- Utiliser un écran solaire adapté, avec un indice élevé, appliqué généreusement sur le visage, notamment sur le nez, les pommettes et les lèvres, zones souvent oubliées.
- Choisir des lunettes de soleil avec une protection 100 % UV, indispensables même par temps couvert car elles préviennent les lésions oculaires.
- Être vigilant en altitude, où l’intensité des UV augmente significativement, et multiplier les protections.
- Appliquer régulièrement de la crème solaire lors de sorties prolongées, même après une pause casse-croûte pour ne pas réduire l’efficacité.
Ces gestes simples sont essentiels pour réduire les risques de brûlures, éviter un vieillissement prématuré et limiter l’apparition de maladies cutanées graves. La sensibilisation repose aussi sur le fait qu’aucune protection ne doit être intermittente : elle doit être quotidienne et systématique, été comme hiver, quel que soit le temps.
Les dermatologues recommandent notamment aux parents d’inculquer ces habitudes aux enfants dès leur plus jeune âge, car les expositions répétées à l’enfance constituent un facteur de risque majeur pour le développement ultérieur de mélanomes.
Des professions à risque : protéger les travailleurs exposés aux rayons UV toute l’année
Si le grand public est concerné par la prévention des UV en hiver, certains métiers doivent être particulièrement sensibilisés. Les agriculteurs, paysagistes, ouvriers du bâtiment et autres professionnels travaillant nombreux heures à l’extérieur sont soumis à une dose de rayonnement cumulative importante, même en saison froide.
Ces travailleurs, souvent habitués à gérer les intempéries, ignorent parfois la nécessité d’une protection solaire adaptée hors saison estivale. Pourtant, comme l’explique l’Asfoder, les UVA responsables des carcinomes sont présents toute l’année, même en plaine et par temps maussade. Ces rayons peuvent induire des lésions précancéreuses et des cancers s’ils ne sont pas freinés.
Pour ces professionnels, la prévention implique plusieurs axes :
- Porter des vêtements techniques couvrants avec des propriétés anti-UV.
- Utiliser des protections solaires à haute performance sur les zones non couvertes, notamment le visage et le cou.
- Adopter des lunettes avec filtre UV pour préserver les yeux lors des longues journées à l’extérieur.
- Répartir les heures de travail pour éviter les pics d’exposition, notamment autour de midi.
- Former et sensibiliser les équipes aux risques spécifiques des UV et aux bonnes pratiques.
L’optimisation de ces mesures est devenue essentielle depuis que les dermatologues ont constaté une hausse continue des cas de carcinomes et mélanomes liés à un manque de protection hivernale. Les opportunités professionnelles de prévention progressent avec l’appui des employeurs et via les campagnes régionales.
Les effets cumulatifs des rayons ultraviolets et leurs impacts sur la santé à long terme
Chaque exposition aux rayonnements ultraviolets laisse une trace qui s’ajoute aux précédentes. Ce caractère cumulatif explique pourquoi la vigilance doit être accrue depuis l’enfance et maintenue toute la vie, peu importe la saison.
Le vieillissement prématuré de la peau, observable par le développement de rides marquées, la perte de fermeté et l’apparition de taches pigmentaires, s’illustre comme le premier effet visible de l’irradiation répétée. Ces changements ne sont pas simplement esthétiques mais correspondent à une altération profonde des structures cutanées.
Le mécanisme biologique derrière ces dégradations est un stress oxydatif prolongé provoqué par les UV, responsable de la destruction du collagène et de l’élastine dans le derme. Par ailleurs, l’exposition prolongée sans protection multiplie le risque d’apparition de lésions précancéreuses et de cancers cutanés. Ces pathologies peuvent aussi toucher la rétine ou la couche interne de l’œil, accentuant encore l’importance de porter des lunettes adaptées.
Au-delà du simple cadre individuel, la prévention solaire constitue une priorité de santé publique en Franche-Comté et ailleurs. Selon les statistiques les plus récentes, plus de 80 % des cancers cutanés sont attribués à une surexposition aux UV et sont donc largement évitables. La sensibilisation passe aussi par l’adoption d’une culture de protection solaire universelle.
La compréhension approfondie des rayons UV, de leur danger et des moyens de protection est désormais accessible, et les campagnes comme celle menée par l’association des dermatologues de Franche-Comté en début d’année ont pour objectif de renforcer ces messages auprès du public.